L’origine d’HandiLex

Dans une tribune publiée initialement le 27 novembre 2017, Jean-Armand Megglé, son fondateur, revient sur l’origine et les raisons de la création d’HandiLex. 

Quand en 2012 un accident de deux-roues fait basculer sa vie, Jean-Armand est un jeune avocat et un tout jeune père de famille. Des mois de souffrance, d’angoisse et d’attente vont métamorphoser ce jeune homme un peu pressé de réussir.

Aujourd’hui son combat, après la bataille que son corps a livrée, est celui d’un expert juridique dont les ambitions humaines sont résolument tournées vers les plus fragiles, ceux dont les droits dérangent et qu’on préférerait oublier.

Depuis le 1er janvier 2018, il a raccroché sa robe d’avocat pour se consacrer pleinement à HandiLex.

Retour sur la genèse du projet

Par Jean-Armand Megglé, Fondateur

Une voiture déboite sans clignotant. Ma moto glisse quand j’essaie de l’éviter. Trois vertèbres brisées, un poumon enfoncé, plusieurs côtes cassées, un nerf écrasé… S’ensuit une opération très risquée qui, heureusement, se passe bien. 8 vis et 2 tiges de métal dans la colonne, un corset, des mois de rééducation, kinésithérapie en ville, hôpital de jour.

Et puis il y a les complications. Professionnelles. Familiales. Administratives. Juridiques. Judiciaires.

C’est comme cela que je me suis intéressé, d’abord pour moi, aux conséquences juridiques, judiciaires, administratives du handicap. Je n’y connaissais rien.

J’ai donc posé des questions. A mes compagnons de rééducation, à mes confrères et consœurs avocats, aux différentes personnes que j’ai croisées, à ceux qui m’ont formé au droit de la réparation du dommage corporel grâce au DU ouvert à la Sorbonne. Le même constat pour tous : faire valoir ses droits relève d’un véritable parcours du combattant.

Au moment où l’on ne se sent déjà plus maître de son propre corps, au moment où la douleur, la fatigue et la peur sont omniprésentes, on ne sait pas vers qui se tourner, quelles sont les démarches à faire, dans quels délais. On se perd facilement dans le labyrinthe des intervenants, des professionnels, des associations, des services sociaux, des aides plus ou moins bénévoles, des formulaires plus ou moins lisibles. Et l’on renonce encore plus facilement.

Ces sentiments de solitude, d’incompréhension, de mépris parfois, d’absurdité, je les ai moi-même expérimentés. Comme tant d’autres, j’ai dû lutter, souvent pour des choses simples, élémentaires, évidentes.

C’est à ce moment là que j’ai réalisé que si j’avais été formé et entraîné à combattre (après 8 ans d’études de droit, j’exerçais la profession d’avocat), d’autres, beaucoup d’autres n’avaient pas eu cette “chance” et n’avaient donc ni les armes ni les moyens de se défendre.

Bien sûr, il y a les indispensables grands combats pour les droits et l’égalité, les débats sur les modes de calcul de la réparation des préjudices.

Mais il y a, surtout, la personne qui souffre, dont les questions doivent trouver des réponses concrètes. 

C’est ainsi qu’est né le projet HandiLex. C’est avec une équipe riche de sa diversité et engagée que nous nous sommes lancés dans l’aventure.

Jean-Armand Megglé

Fondateur d’HandiLex

RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé)

Avocat au Barreau de Paris de 2010 à 2017.
Associé du Cabinet MeZa Avocats de 2014 à 2017
Diplôme d’Université (DU) Droit de la réparation du dommage corporel, Paris I-Panthéon-Sorbonne.
Ancien Chargé d’Enseignement à Sciences Po (M II Affaires publiques)

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